COUT, QUALITE, FIABILITE et DUREE ont constitué les critères
pour le concours gagné par Jon Kåre Schultz il y a deux ans, organisé
par Jean-Louis Boorlo, Ministre de l'Emploi, de la Cohésion sociale et
du Logement.
– Le concours consistait à trouver des méthodes modernes de
construction. Le projet n’était pas facile, puisque les français
n'étaient pas favorables aux constructions en bois. Pratiquement tout
est bâti en pierre nous dit Jon Kåre Schultz.
En conséquence, dit-il, le fait qu’un architecte norvégien a gagné un
concours national en France sur la conception de l’habitat moderne et
sa technologie constitue une percée industrielle.
– Les maisons modulaires représentent quelque chose
de nouveau sur le marché français de la construction, nous dit Schultz
sur ce projet. Aujourd’hui il vit en France, après des années de
collaboration avec l’architecte Sverre Fehn., et après avoir enseigné á
l’Ecole Supérieure d’Architecture à Oslo.
CADRES
RIGIDES. – Mélèze de Sibérie, dit-il en montrant les façades
de la nouvelle résidence pour étudiants à Compiègne dans le nord de la
France.
Les premiers étudiants français viennent de s’y
installer. La cité universitaire est surtout connue pour le wagon dans
lequel a été signée, le 11 novembre 1918, la trêve qui a mis fin à la
première guerre mondiale. Ce wagon reste toujours sur ses rails dans
l’énorme forêt de Compiègne. Maintenant, 90 ans plus tard, 96 modules
de pratiquement la même taille que ce wagon, ont été empilés les uns
sur les autres, comme des pièces de Lego, en construction autoporteuse,
pour accueillir quelques-uns des étudiants de technologie de la ville.
– Le défi est de
faire de l’architecture d’un container, admet Jon Kåre Schultz. Les
contraintes financières pour une telle construction sont très rigides.
La réalisation d’une pièce commune intérieure, le toit et les murs nous
ont permis de nous démarquer, dit-il, manifestement irrité par le fait
que les corniches ont été sacrifiées par le Maître d’Œuvre pour faire
des économies.
– C’est comme si le
coiffeur voulait couper tous les cheveux d’une belle femme, dit
l’architecte.
DU LUXE POUR
LES ETUDIANTS. – La plupart des étudiants en France disposent
d’une chambre de dix mètres carrés, avec une douche à l’étage. Ici,
c’est du luxe, nous dit Florian Godard. Depuis
quinze jours, il habite son studio de 17,5 mètres carrés, avec sa
propre salle de bains d’un mètre carré et demi.
– L’isolation est excellente. Je n’ai pas entendu
le moindre bruit de mes voisins. Pour une résidence d’étudiants, ce
n’est pas si mal, dit-il avec un sourire.
Toute la
construction demande neuf mois, du début à la fin, avec les longrines,
l’eau et l’assainissement, dit Jon Kåre Schultz. 1.200 € le mètre
carré, voila le prix de la construction, les fondations non comprises.
– La kitchenette et la salle de bains sont prêtes
et installées, avec une consommation énergétique de seulement un tiers
de la moyenne pour les appartements en France.
D’AUTRES MAISONS MODULAIRES.
L’architecte norvégien a également remporté un concours pour 24
appartements communaux dans la ville portuaire du Havre.
– Après avoir terminé
six blocs modulaires rue de Ryenberg à Oslo, j’ai poursuivi le
développement du principe modulaire. Cette méthode de construction est
efficace, mais les immeubles ont pris un aspect trop
« tiroirs ». Il leur manque une terminaison du toit,
de la corniche et des reliefs importants sur les façades, nous dit
Schultz.
Le système modulaire
pour des pavillons individuels ou appartements en France suit
le même principe que les résidences à Compiègne, mais il comprend deux
modules: Un module sec, avec deux chambres, et un module humide avec la
cuisine, la salle de bains et une petite chambre.
- Les deux modules sont placés avec une distance de
4,2 mètres l’un de l’autre, et l’espace entre les deux constitue le
séjour. Les parois des modules vers le séjour sont terminées en usine.
Un élément plancher et un élément plafond encadrent le séjour, avec
deux murs de pignon entre l'entrée et la sortie vers la terrasse ou le
balcon. On dispose ainsi d’une pièce centrale d’une largeur de 4,2
mètres, sans avoir à fabriquer un module. La pièce centrale traverse
l’ensemble, et l’orientation peut être nord/sud aussi bien qu’est/ouest.
Les matériaux,
l’isolation et la consommation énergétique permettent la référence HQE.
Ceci est un avantage lors du choix du projet par les clients.
Actuellement, Schultz compte sur le «bouche à oreille» après la
construction des résidences à Compiègne.
- J’ai déjà reçu des
appels de clients potentiels, dit l’architecte.
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